D’ou vient le manque de confiance en soi ?

Il y a énormément de chose à dire sur la confiance en soi, et il est impossible de tout traiter en un seul article. Néanmoins j’aimerais survoler le sujet et m’intéresser aujourd’hui à comprendre d’où viennent les problèmes d’estime de soi. Connaître la racine d’un problème est le meilleur moyen de le résoudre.

 

« Je ne me trouve pas attirant(e), je remets toujours tout au lendemain, je n’ai pas le courage de le faire, personne ne s’attache à moi… » Sont des choses que l’on se répète assez fréquemment. Les problèmes d’estime de soi concernent à peu près tout le monde, à des degrés différents. Et même si la plupart des gens s’estiment en général au-dessus de la moyenne sur de nombreux critères, dès que l’estime de soi est un peu bousculée par un contexte inhabituel, alors le doute commence à s’installer. D’autant plus que l’autosatisfaction affichée est en général une façade éphémère…  Les insuffisances d’estime de soi finissent toujours par ressurgir dans des moments plus difficiles (ruptures sentimentales, perte d’emploi…). L’estime de soi est changeante, et pourrait être comparée à une marée. Sauf que pour les personnes à faible estime d’eux même, les marées basses peuvent paraître longues, voir interminables. La confiance en soi régie non seulement nos émotions, notre moral général et nos actes, mais son insuffisance est souvent à l’origine de nombreuses angoisses (peur de l’abandon, besoin de reconnaissance insatiable) et d’un mal-être général que l’on a souvent du mal à comprendre. Il m’est déjà arrivé de me réveiller en me sentant triste et fatigué, sans vraiment savoir pourquoi…

 

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L’estime de soi, c’est se confronter à son propre jugement, mais aussi et surtout celui des autres. La vie nous a doté d’un cerveau  et nous avons la chance pouvoir réfléchir sur soi-même, mais le regard que nous portons sur nous est bien souvent négatif et nous mène la vie difficile. Nous sommes aussi « programmés », de manière innée, à imaginer ce que les autres pensent de nous. Cette appréhension est indispensable pour vivre en société et pour s’adapter à nos semblables : Nous pouvons ainsi supposer quelles sont leurs attentes, imaginer et décoder leurs besoins, comprendre que nous sommes acceptés. Le revers de la médaille est qu’à force de trop imaginer, nous finissons par redouter le rejet, l’échec et avons l’impression d’être sans cesse épié, jugé. C’est un peu le même principe avec le besoin de reconnaissance qui intervient dès l’enfance. Tout le monde se souvient avoir dit «  regarde-moi faire du toboggan môman, regarde ce que j’ai fait à l’école pôpa » : On cherchait l’approbation de nos parents, nous avions besoin de reconnaissance pour se sentir accepté et aimé. Lorsqu’on grandit, nos attentes sont les mêmes et on renouvelle les efforts d’acceptation auprès de ses amis. Maslow a qualifié ça de « besoin d’appartenance à un groupe » dans sa pyramide des besoins et des motivations propres à l’homme. Les successeurs de ce psychologue américain ont adapté ses recherches au monde de l’entreprise et l’ont illustré par un achat réalisé dans le seul but de se faire accepter par un groupe (marque de vêtement, CD de musique etc…).

La société et les médias ne nous aident donc pas à améliorer l’image que l’on a de nous-même, au contraire. La compétition et le voyeurisme y sont omniprésents, et elles prônent des valeurs telles que l’apparence, la performance. Je travaille tous les jours sur les réseaux sociaux puisque je suis community manager et j’adore ça, mais je ne peux m’empêcher de voir que comme les gens ne peuvent maîtriser ce que l’on pense d’eux, ils tentent de contrôler la seule chose sur laquelle ils peuvent avoir de l’influence : leur image. Je me souviens de cette fille qui expliquait publier des articles sur des expos culturelles tous les jours car elle a toujours eu peur qu’on la prenne pour une fille futile.

Finalement, est ce que les personnes qui manquent de confiance en eux ne sont pas justement des personnes trop centrées sur elles-mêmes ? Des personnes donc l’excès de narcissisme est défaillant, donnant trop d’importance à l’image qu’ils dégagent ?

Pour résumer, nous sommes conditionnés à nous remettre constamment en question, à tenter de bien faire pour nous plaire à nous, mais surtout pour plaire aux autres et nous sentir bien intégré dans la société, et apprécié dans nos relations sociales. Cependant ces reflexes peuvent vite devenir envahissant si le culte du moi devient la principal des préoccupations. Que faire alors pour cultiver l’estime de soi sans que la réflexion devienne toxique pour l’individu ?

Oeufauriz